Ma vision des cérémonies de funérailles
white pillar candle on brown wooden table

Ma vision des cérémonies laïques de funérailles

Il y a des choses qui m’ont toujours plu dans les funérailles (religieuses) auxquelles j’ai assisté. L’apaisement que la voix et la posture du célébrant apportent à la famille. La douceur et le juste équilibre entre la solennité du moment de recueillement et la joie – voire même les rires – qui peut exister dans les anecdotes et les souvenirs personnels évoqués par les proches.

En revanche, j’ai souvent été heurtée par le côté très impersonnel d’une liturgie répétée de manière parfois automatique. Et par le fait que le discours religieux, s’il convient à certains, ne reflète pas toujours la manière dont la personne que l’on honore a vécu, ni ce en quoi elle croyait.  

Je suis célébrante laïque de mariage autodidacte depuis 2023. Ce métier est pour moi une réelle vocation et je l’exerce avec passion depuis ma première saison. Les cérémonies funèbres s’inscrivent comme une étape suivante et naturelle de mon parcours.

Quel sens derrière les cérémonies laïques de funérailles ?

J’ai la conviction profonde que la célébration des passages de vie est essentielle pour les êtres humains, et ce, quelles que soient nos croyances religieuses. La mort n’y fait pas exception et représente probablement le plus important de ces passages.

Je vois les cérémonies laïques comme une façon de se réapproprier tout un pan symbolique de nos existences que la vie moderne à déserté, dès lors que l’on ne se reconnaît pas dans une religion établie. Et comme une forme de rétablissement d’un droit fondamental à honorer les seuils que l’on traverse en tant qu’humains, et de le faire d’une manière qui nous ressemble.

Que représentent la mort et les funérailles pour moi ?

Pour moi, la mort est un passage, même si je n’ai pas la prétention de savoir vers quoi. Les funérailles quant à elles sont une étape qui résonne différemment pour chacun et met en tension de nombreux enjeux de la vie et des relations humaines.

C’est d’abord une séparation. Ce premier aspect doit, à mon sens, guider la manière d’aborder et d’accompagner ceux qui restent, pour les aider à vivre l’absence et à s’approprier cet « au revoir ».

C’est aussi une clôture, le tout dernier chapitre d’une vie qui se termine. Ce deuxième aspect est très important dans la manière dont on va raconter et rendre hommage à ce que la personne disparue a été, dans la fidélité du reflet que l’on propose.

Ce peut être aussi être un apaisement, par exemple suite à une longue période de souffrance, physique ou psychologique. Ou alors à l’inverse, un choc, un traumatisme, notamment si le décès survient très tôt ou de manière inattendue, choisie ou violente.

Ce troisième aspect guide la manière d’aborder les familles et d’accueillir leurs émotions, même celles qui peuvent sembler illégitimes (soulagement, colère). L’objectif pour moi est de d’offrir aux proches un cadre sécure et bienveillant pour amorcer leur processus de deuil.

C’est encore un moment de réunion des vivants. N’oublions pas que certaines familles ne se retrouvent qu’aux enterrements. Ce quatrième aspect est important à intégrer dans l’accompagnement des prises de paroles et des choix pour la cérémonie (musique, etc.).

Il s’agit de naviguer au milieu des sensibilités des uns et des autres, de ce qu’ils souhaitent, imaginent, attendent, tout en gardant le cap vers une cérémonie digne et fidèle au défunt.

Si vous voulez en savoir plus sur la célébrante de funérailles que je veux être et pourquoi, rendez-vous dans le prochain billet…